Notre-Dame-des-Landes a aussi une dimension écologique

Publié le par UDB Saint-Nazaire

(Article paru le 26 octobre 2005 dans le blog expérimental)

Le projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes est parfois critiqué d’un point de vue « écologique ».
Sa création ne répondrait à aucune perspective de croissance du trafic aérien.
Eh bien, c’est vrai ! Plus précisément : à trafic constant, le projet garde l’essentiel de son utilité, et sa réalisation contribuera même à la suppression d’un trafic inutile.
Ce trafic inutile, c’est la masse des trajets entre la plupart des aéroports bretons et ceux de la région parisienne, pour des passagers qui, en réalité, repartent de Paris pour une autre destination, ou reviennent de celle-ci.
Grâce à la meilleure accessibilité du nouvel aéroport, beaucoup mieux desservi que Château-Bougon par les voies routières et ferroviaires qui relient la Loire-Atlantique aux autres départements bretons, une partie de la demande de trajets vers Paris va pouvoir se déplacer et rendre possible l’ouverture de nouvelles lignes à portée de voiture ou de train. Pour chaque aller-retour de Bretagne vers une destination autre que Paris disparaîtront ainsi deux décollages et deux atterrissages, sans parler des fastidieux déplacements et attentes entre Roissy et Orly.
On aimerait bien qu’une critique écologique du projet prenne en compte ces gains d’énergie et de temps, et même simplement les évoque.
Bien sûr, l’existence d’un aéroport et de son environnement sera cause de nuisances pour les riverains immédiats, et l’opposition d’un certain nombre d’entre eux est parfaitement légitime. Qu’ils s’abritent pour la faire valoir derrière une critique de fond du projet est humain, mais fragilise leur combat. Si le projet est économiquement, écologiquement et socialement utile, ce sont les contreparties des nuisances qu’il faut ouvertement négocier (emplois, dessertes locales, indemnisations…), et non le projet.
Sans faire de Notre-Dame-des-Landes, pour ses riverains, un nouveau Roissy, le déplacement de trafic de la région parisienne vers le nouvel aéroport allégera d’autant les aéroports surchargés d’Ile-de-France… et leurs propres riverains. La critique écologique du projet pourrait aussi prendre en compte cette perspective, et souligner qu’avec deux ou trois autres Notre-Dame-des-Landes en France, on n’aurait pas besoin d’un troisième aéroport parisien et on bénéficierait d’une réduction nette globale des nuisances, grâce à l’économie de trajets intermédiaires.
On comprend, cette fois, que les bénéficiaires du trafic inutile voient N.-D.-des-Landes d’un mauvais œil …et se délectent de l’alliance objective d’écologistes soucieux de gagner sur tous les tableaux.


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Publié dans Écologie

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